Projet Reseda: Rapport sur les recherches effectuées du ler oct. 1975 au ler avril 1976 (Rap. / C.N.R.S. / E.R.H.F, / 1976 / D.G.R.S.T.-1)

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RIEPILOGO

1. Prélitninaires. - 2, Organisanom et codage des informations. - 3. Quesnons et imférences, - 4, Choix du langage de programmation.

 
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@1. Preliminares

1.1. Le-projet RESEDA a été congu pour fournlr à des spécialistes du XIVe et XVe siècle un mode de traitement conversationnel des corpus d'informa-tions blographiques.

L'intérèt méthodologique du projet noos semble résider essentiellement dans la tentative d'enrichir les techniques de documentation automatique par des instruments dotés d'une certalee puissance déductive (Cros et al. 1968; Possici:, Créhange 1970), et d'évaluer alesi sur un exemple concret le poids des outils à mettre en place pouf simuler un ensemble de démarches intellec-tuelles d'une certaine complexité,

Dtutre ptrt, le recours à des procédures frès sophistiquées et presque impose par le carattere extrémement complexe et très souvent implicite des relations interpersonnelles considérées. Le but visé est en fait la créa-tion d'un système qui n'ait pas seulement une fonction statique de récu-pérttion d'une informatipn stockée mais aussi une fonction dynamique, permettant d'établir des llaisons nowelles entre les données et d'tccrottre ee quelque sorte les connaissaeces de départ. RESEDA doit donc s'engager dans une certaine mesure sur le doratine de rintelligence artifidelle.

Le projet en question, réalisé par l'Equipe de Recfaetche sur l'Humanisme Franals des XlVe et XVe siècles (E.R.H.F.) grice au financement conjolot du Centre National de la Recherche Sclentif5que (C.N.R.S.) et de la Délégation Generale à la Recherche Sdentifique et Techniqtie (D.G.R.S.T.) - coovention 75-7-0456 - est place sous la responsabili té sdentifique de M. Gilbert Ouy, maitre de recherche, directeur de FE.R.H.F. L'organisation generale de RESEDA et la planification du travail reviennent à M, Glan Piero Zarri, ingénieur-docteur, assistè, pour l'étude du métalanguage, de Mme Monique Ornato, documentaliste. Pour octobre 1977, est prévue la réalisation d'un premier modéle opérttionnel de RESEDA portant sur les milieux parisiens liés à la « Cour Amoureuse » dite de Charles VI; les renseignements blographiques seront fournis par Mlle Carla Bozzolo qui prépare un ouvrage sur ce sujet.Page 149

1.2. 11 convient d'écarter Itntnédiatement toute équiwoque sur notre fagon denvisaget l'usage de cette nouvelle discipline. En effet, notre approche est bien differente de celle d'un Schank (Schank 1973; Schank et al. 1975) ou d'un Minsk? (Minsky 1974) - pouf ne citer que deux des noms les gius connus -, Pour le premier, il s'agit de mettre au point une théorie des phé-nomènes de conceptualisation sous-jacents aux stractutes de surface du langage naturel afin d5arriver à sa compréhension par des moyens automati-ques. Quant à Minsky, son système de « frames » a été créé pour s'adapter à n'importe queEe situation, tant dans sa perception que dans sa formu-lation linguisttque, et il se situe au niveau de généralité qui permei de pfendre en compie lous les aspects d'une certaine réalité.

RESEDA est tout à fait étranger à cette problématique très generale; il évite soigneusement, contrairement aux systèmes que 'Fon vient d'evoquer, d'avancer des hypothèses sur le fonctionnement du mécanisme humain de pensée. Àussi, toutes nos références à toute théorie fondée sur une certaine analyse des processus mentaux' (cf. par ex, la théorie des corrélateurs de Ceccato, ' Ceccato 1962), n'implique de notre part qu'un intereI pragmati-que pour un instrument utile sans adhésion ni prise de position sur des fondements théoriques, RESEDA, bien si tue dans soli contexte humaniste, ne se pose aucun problème de Weltanschauung.

Pour arriver au but que nous nous sommes fixé, ce que nous devons em-prunter à l'intelligence artificielle ce sont: 1) pour la description des don-nées de base, le modalités du type « case systems » très riches de possibi-lités déductives et libéreés de toute fidélité formelle à Pexpression en lan-gage naturel (Schank 1973, 1975; Bruce 1975); 2) pour Putilisation de cette richesse descriptive, un certain nombre de procédures de déduction naturelle, appuyées sur des principes tels que Pappartenance à une ciasse, l'analogie, la transitivité, etc. (Schwarcz et al. 1970; Carbonnel, Collins 1974) ou, de facon plus ambitieuse, fondées sur le recensement des pro-priétés constitutives de certaines situations (Charalak 1972, 1975; Minsky 1974).

1.3. Àvant d'entrer dans le détails du travan effectué durant ces six mois, il n'est peut-étre pas inutile de donner dabord une vue d'esemble de RESEDA.

1.3.1. RESEDA est alimenté de fagon continue par les informations Mo-graphiques drées de dépouillements effectués sur les sources les plus va-rlées: documents darchives, revues, ouvrages érudits, etc... Ces éléments, qui constituent les données brutes sur lesquelles le système va ensuite opérer, sont donc dépourvus a prlori de toute organisation logique suscep-tible de les mettre en relation entre eux.

Le principe qui est à la base du stockage des informations est de coder séparément chacjue « épisode », cest-à-dire cheque unite logique où se trouve relatée une « action » - ou un « état » - référée a un ou plusieursPage 150 « personnages » et caratteri see par un lieu-temps de termine, Ainsi 1 Informa tion: « de Paris, Clamanges s'était rendu en Àvignon, n y retrouvt Jean Muret et Jean Moccia, Le. 13 novembre-1397, il y fut nomine secretaire pontificai par Benoit XIn et le resta jusqu'en mai 1398 » fera Pobjet de trois épisodes codés: le voyage de Clamanges, le séjour contemporain des trois hommes. à Avignon, la nomination de «Clamanges comme secretaire,

1.3.2. La nature du codage choisi et sa jus tifica tion, les details du métalan-' gage seront explicités au chapitre 2; il suffira ici de dire que la transcrijp-tion de chaque épisode consti tue ce que. nous avons appelé un « plan » par analogie avec les définitions de dictionnaire de Quitllan (Quilllan 1968; voir aussi Scragg 1975). Pour le codage.des plans, RESEDA ne prévoit pas la mise en place d'un_ analyseur automatique des sources dépouillées: sa réalisation semble utopique - au moins dans une première étape - vu la nature très erudite de ces sources = et, une certaine complexité du métalan-gage. Par contee, il parait indispensable de réaliser une sèrie de program-mes conversationnels qui guideront Panaiyste dans le codage. Ce promp-ting signalera à chaque pas les lautes de syntaxe formelle, les impropriétés de lexique, et d'une manière generale proposera les démarches autorisées,

Les plans sont doublement ordonnés entre eux. L'organisation physique est réalisée seion un critère chronologique sui generis\ spécialement élaboré pour tenir compte des incertitudes et des imprécisions propres à la docu-mentation medievale. L'organisadon logique distribue les plans entre dif-férents « volumes », chaque volume étant consacré à un seul personnage, la « vedette ». Le critère d'attribution d'un plan donne à un volume est la présence de la vedette dans la formulation de Fépisode que le plan relate. Etant donne que Pépisode peut concerner plusieurs personnages à la fois, c?est le plan entier qui sera attribué aux différents volumes correspon-dants (Scragg 1975). Chaque volume peut donc ètre considéré comme une liste d'adresses qui pointent vers les étiquettes des plans (ciassement inverse). Ainsi le plan du « voyage de Clamanges » sera répertorié dans le seul volume de celui-ci; le plan du « séjour contemporain des trois hommes » dans les volumes de Clamanges, Muret et Moccia; le plan de « la nomination » dans les volumes de Clamanges et du pape Benoit,

On peut évoquer alors le problèma, bien caractéristique de la documenta-tion medievale, des informations controversées: chacune des versions con-tradictoires doit faire Pobjet d'un plan indépendant» mais la serie des plans concernant la controverse est reprise dans une liste speciale. Quand une information obtenue à la suite d'une question posée à RESEDA est com-prise dans un plan ainsi liste, on doit répéter la mème strategie de recerche qui a peonis de sélectionner ce plan en Papplicant à chacun de ceux qui lui sont associés,Page 151

1.3.3. Les stratégies de recherche employées par RESEDA vont "de la sim-pie recuperation des Informations stockées à des formes plus complexes demandant des opérations de genéralisatton ou l'exploration de structures sui generis, etc. (cf. 3,2.2,). Mais la dénoarehe peut-ètre la plus Interessante est celle qui devrait permei tre d'établir automatiquement des liens, de type surtout causai, entre les épisodes (« thè most importati t conceptual relation is that of causality », Schank 1973). Initlalement» ceux-ci apparaissent en effet comme un nuage de polets disjoints que ne vieni organiser aucun réseau de relations. L'existence de liens préalablement connus entre cer-tains épisodes - et qui ont évideroment été enregistrés dès l'entrée - ne change rien à la généralité du problème.

Le réseau que fon va donc développer au fur et à mesure de l'utilisation de

RESEDA sera mémorisé de faon permanente afin de mettre à la disposi-tion de l'utilisateur une quantité d'informa tion grandissante tout en climi nuant l'entropie du système, Dans cet esprit, voici un exemple suffisam-ment complexe de ce que fon a l'intention de demandar à RESEDA; nous n'en. donnons ici que les grandes lignes car il-sera repris en détail (cf. 3.2.3.)-Supposons une question du type a) « Quelle est l'attitude de Pierre d'ÀiEy envers l'Université de Paris au cours de l'année 1395? ». Dans le déroulement de k recherche ainsi déclenchée, à défaut d'une réponse dircele, on sera amene à retenir comme étape intermédiaire l'information b) « le 2 aoùt 1395, rUniversité de Paris interdit la présence de Pierre d'Ailly I ses as- semblées sur le schisine », où les róles respectifs des deux vedettes dans la question sont intervertis (dans a) et dans b), les « actions » relèvent du mérae « concepi. »: manitestation physique ou intellectuelle à l'égard de quelqu'un). b) fournit une indication supplémentaire au - sujet 'd'un « argo-ment » possible de controverse: le -schisine. On...

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